Je souhaitai savoir ou je souhaitais savoir : la bonne orthographe

Pour poser une question poliment dans un mail, on écrit « je souhaitais savoir », à l’imparfait, avec un s final. « Je souhaitai savoir » existe aussi, mais c’est le passé simple, réservé au récit écrit d’un fait passé et terminé. Un test simple avec « nous » permet de trancher à coup sûr, et quelques formules voisines évitent d’avoir à choisir.

Je souhaitai ou je souhaitais savoir : deux temps différents

Souhaiter est un verbe du 1er groupe. À la première personne du singulier, il a deux formes proches qui n’ont pas le même emploi : je souhaitai au passé simple, je souhaitais à l’imparfait.

La première personne du pluriel montre la différence plus nettement : « nous souhaitions » à l’imparfait, « nous souhaitâmes » au passé simple. Au conditionnel présent, on trouve « je souhaiterais », une troisième forme qui se confond souvent avec les deux autres à l’écrit.

L’imparfait de politesse, la forme des mails et des courriers

Dans un mail, l’imparfait atténue la demande. L’Office québécois de la langue française décrit cet emploi comme l’imparfait d’atténuation : il remplace le présent avec un verbe de volonté suivi d’un infinitif, par exemple « Je voulais vous demander votre avis ». La demande est placée à distance, elle paraît moins brusque.

Voici trois exemples de courriers où « je souhaitais savoir » trouve sa place. Dans une lettre à l’administration fiscale, on peut écrire « Je souhaitais savoir comment faire figurer mon contrat dans la déclaration d’une assurance vie ». Avant une inscription, la formule « Je souhaitais savoir si les cours d’une préparation au CRFPA en ligne sont enregistrés » convient à un service de scolarité. Auprès d’un employeur, « Je souhaitais savoir où en est ma candidature » reste courtois sans être insistant.

Pour une lettre de motivation, par exemple dans le cadre d’une reconversion professionnelle d’un militaire, la même tournure introduit une question sur le poste sans prendre un ton de réclamation.

Une personne tape un mail sur un ordinateur portable

Quand « je souhaitai savoir » est correct

Le passé simple appartient au récit : il raconte une suite de faits terminés, au même titre que « il ouvrit », « elle répondit » ou « nous partîmes ».

Le passé simple décrit une action ponctuelle et achevée, dans un récit écrit. Il s’emploie souvent avec un repère de temps : « Ce jour-là, je souhaitai savoir pourquoi la porte était fermée. » La forme est correcte, mais littéraire.

À l’oral, elle ne se dit presque jamais, et dans un mail elle sonne faux. Un message qui pose une question au présent de l’échange demande l’imparfait, pas le passé simple.

Le test pour choisir entre -ai et -ais

Le plus fiable est de passer à la première personne du pluriel. Si la phrase fonctionne avec « nous souhaitions », c’est de l’imparfait et il faut un s final. Si elle demande « nous souhaitâmes », c’est du passé simple et la terminaison est -ai.

Un second test remplace souhaiter par un verbe du 3e groupe, comme vouloir : « je voulais savoir » est de l’imparfait, « je voulus savoir » du passé simple. La prononciation distingue en principe -ai [e] de -ais [ɛ], mais beaucoup de locuteurs prononcent les deux de la même façon, et l’oreille ne suffit donc plus.

Un cahier de conjugaison ouvert sur un bureau

Je souhaitais, je souhaiterais ou je souhaite : quel degré de politesse

Le choix du temps change le ton du message, pas son sens. Une même question peut être posée de trois façons, du plus direct au plus réservé.

Le présent, « je souhaite savoir », est direct. L’imparfait, « je souhaitais savoir », atténue la demande. Le conditionnel, « je souhaiterais savoir », est la forme la plus polie des trois, car il présente la demande comme une simple éventualité.

Le futur « je souhaiterai » est une erreur courante à cet endroit : l’article sur la différence entre je souhaiterai et je souhaiterais détaille le piège.

Formules à utiliser selon le contexte

Quelques tournures prêtes à l’emploi, selon le destinataire :

  • Mail professionnel : « Je souhaitais savoir si vous aviez reçu mon dossier. »
  • Lettre de motivation : « Je souhaiterais savoir quelles sont les étapes de recrutement. »
  • Demande à une administration : « Je voulais vous demander des précisions sur ma situation. »

Autre point d’accord : après « je souhaitais savoir », la question s’enchaîne avec « si » ou un mot interrogatif, sans point d’interrogation en fin de phrase puisqu’il s’agit d’une interrogative indirecte. « Je souhaitais savoir quand le colis partira » se termine donc par un point.

Une erreur revient souvent : cumuler deux marques de politesse, comme « je souhaiterais savoir s’il serait possible de ». Le conditionnel est répété sans rien ajouter. Il suffit d’en garder un : « Je souhaiterais savoir s’il est possible de ».

Au final, une seule forme sert dans presque tous les courriers : « je souhaitais savoir ». Le passé simple « je souhaitai » reste pour la narration, et le test du « nous » règle les doutes en quelques secondes.

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