Mot clé - tabac
lundi 7 juin 2010
Avant le mondial-nazisme : Le Palace
Par Nos Libertés le lundi 7 juin 2010, 07:48
Sur une idée de Maurice, pour le collectif “Nos Libertés”, le 7 juin 2010.
vendredi 5 mars 2010
Tract 1 : Fumer Tue ?
Par Nos Libertés le vendredi 5 mars 2010, 00:38

Par Julien, pour le collectif "Nos Libertés", le 5 mars 2010.
Nous démarrons une nouvelle série, qui a pour but l'information des citoyens, par la distribution de tracts, résumants les recherches faites par le collectif "Nos Libertés". Le premier tract est consacré au tabac, afin d’expliquer aux fumeurs, sous la pluie, quelles sont les raisons pour lesquelles ils sont dehors. Merci d'imprimer ce tract, et de le faire circuler autour de vous.
Pour télécharger le trac : Fumer Tue ?
vendredi 26 février 2010
Les Victimes de la « dénormalisation »
Par Nos Libertés le vendredi 26 février 2010, 19:31

Par Patrick Basham & John Luik du Democracy Institute [1]
Traduit par Roland, pour le collectif "Nos Libertés", le 26 février 2010
Article publié en anglais sur data-yard.net
Extraits :
Une des tendances les plus inquiétantes en matière de santé publique est la tentative, de la part du gouvernement, de pratiquer une « ingénierie sociale » sur notre environnement culturel et politique, afin que le public devienne moins tolérant envers l’obésité, moins tolérant à l'égard des jeux d’argent et de ceux qui s’y adonnent, moins tolérant à l'égard du tabac et des fumeurs et moins tolérant à l'encontre de ceux qui produisent et boivent des boissons alcoolisées. Par le biais d’un tel paternalisme de bonne d’enfants le gouvernement cherche à s’assurer que les gens se conduisent d’une « manière appropriée » telle que définie par le gouvernement lui-même et une coterie de technocrates de la santé publique et d’universitaires.
En pratique, la « dénormalisation » signifie que le gouvernement s’efforce de faire changer le comportement des adultes en obtenant qu’ils en aient honte. Pour que la campagne gouvernementale de dénormalisation réussisse : les adultes doivent être stigmatisés, c’est-à-dire placés en dehors du reste de la société civilisée, jusqu’à ce qu’ils apprennent à se comporter de la manière « autorisée ». La dénormalisation fait passer les joueurs, les buveurs, les fumeurs et les obèses de la notion de risque pour leur santé, à celui de risque moral, ils ne sont que des taches dans le paysage moral de la nation. Le fait que l’industrie du tabac (et par conséquent le fumeur) fut la première, et jusqu’il y a encore peu de temps la seule cible d’une campagne de dénormalisation, au nom de la santé publique, fait que pratiquement toute la documentation disponible sur les visées et effets constatés sont centrés sur cette industrie particulière, et sur ceux qui consomment ces produits. C’est pourquoi, la dénormalisation du tabac est « par défaut » le cas typique en matière de dénormalisation au nom de la santé publique.
La campagne de dénormalisation prend pour but, par sa focalisation, comme le terme l’implique, la nature « anormale » de l’obésité, des jeux, de la boisson et de la fumée. Mais, plus important : elle cherche à dépeindre les fabricants comme des fraudeurs, des manipulateurs, [parce que les autres industriels et marchands ne le sont pas peut-être ! Ndt] et quasiment, cela est dit implicitement si ce n’est explicitement, des criminels. D’abord, les fumeurs sont accusés d’être une menace pour la santé des autres et une source significative d’augmentation des coûts du système de santé, et en tant que tels, des coupables aux yeux de la morale. Par exemple, Action on Smoking and Health (ASH) a diffusé, en janvier 2009, un communiqué de presse dans lequel il est dit que le public devenait : « de plus en plus hostile envers les fumeurs. Assez des privilèges et de tolérance en faveur de pollueurs et de meurtriers ! ». L’ASH soulignait diverses mesures qui devraient être appliquées aux fumeurs : refuser de les embaucher, leur interdire le droit d’adopter des enfants, leur refuser certains soins médicaux, et leur refuser la garde des enfants dans les cas de divorce. Dans son blog “The Rest of the Story”, le docteur Michael Siegel note que « selon l’ASH les fumeurs tuent des milliers de leurs propres enfants chaque année. L’ASH assimile également les fumeurs, qui fument chez eux dans une maison où se trouvent des enfants, aux violeurs d’enfants ».

Une proposition à la Cinquième Conférence Mondiale sur les Droits des Non-fumeurs en 2008 comprenait une proposition de réécrire la loi de la Floride sur la garde des enfants, de telle sorte que le fait que le parent fume, ou non, soit le critère déterminant dans l’octroi de la garde de l’enfant. Le directeur de l’association des médecins du Territoire du Nord, en Australie, a comparé cette année les fumeurs aux pédophiles en disant qu’« envoyer des fumeurs travailler avec des peuples aborigènes c’est comme permettre à des pédophiles de travailler avec des enfants ». Un membre du Tobacco Prevention and Cessation Advisory Committee de l’état d’Arkansas, Dan Hawkins, a récemment assuré que 70 % des cigarettes sont fumées par des gens qui sont des malades mentaux et que 30 % des fumeurs ont un « désordre » de la personnalité sur « l’Axe 2 », c’est-à-dire qu’ils n’ont pas seulement une ou plusieurs maladies mentales mais « qu’il se peut qu’ils soient aussi de mauvaises gens ».
Chapman et Freeman, en étudiant les marqueurs de la dénormalisatin, notent sept croyances négatives qui sont entretenues au sujet des fumeurs : les fumeurs sentent mauvais, les fumeurs jettent des choses par terre, [quel crime ! Ndt], les fumeurs sont des égoïstes et des irresponsables, les fumeurs ne sont pas des partenaires sexy, les fumeurs ont un faible niveau scolaire et social, les fumeurs sont comme des drogués, victimes d’une addiction, les fumeurs utilisent trop les services publics de santé, et les fumeurs sont une nuisance pour leurs employeurs. L’analyse classique de la stigmatisation et de l’exclusion est celle présentée par le psychosociologue Erving Goffman. Goffman définit la stigmatisation comme un processus dans lequel « la personne dans sa totalité et dans sa perception coutumière » en reçoit la « teinture » et est invalidée. « La stigmatisation, suggère t-il, est le processus par lequel la réaction des autres pollue l’identité normale de la personne. »
Le célèbre journaliste états-unien Morton Kondracke a, récemment, appelé à ce que, non seulement, être obèse, mais simplement gras, soit rendu aussi socialement inacceptable que fumer. Au début de ce mois, un éditorialiste de “l’Evening Standard” a demandé au public de considérer comme ridicule de voir quelqu’un de gros manger du chocolat. On peut s’attendre à ce que le langage de la dénormalisation soit bientôt le principal argument du débat sur l’alimentation. En particulier, le mouvement anti-obésité a accepté l’argument de ceux, tel le docteur Rosemary Stanton, qui pensent que « Nous avons besoin de prendre exemple sur les succès dans la lutte contre le tabac, dans notre façon d’aborder l’épidémie d’obésité. »

Une personne avec un corps plus volumineux est tout simplement catégorisée comme un citoyen inférieur à ses concitoyens plus minces. Elliott souligne que le corps gras, ou « l’échec dans son projet corporel » est à mettre en relation avec le fait d’être un « citoyen en échec ». Elliott fait remarquer que le concept physique de « conformité citoyenne » est souvent, à tort, assimilé avec l’apparence visible de la maigreur. Étant donné que la majorité des Britanniques adultes sont, selon les critères officiels, « en surpoids » ou « obèses », le fait de considérer un corps gras comme celui d’un « citoyen en échec » a, pour dire la chose en termes délicats, de grandes conséquences tant pour les autorités que pour le citoyen ordinaire.
Qu’en est-il de l’alcool ? Le langage de la dénormalisation est, d’ores et déjà, entré dans le débat sur la politique concernant l’alcool. Le « message » gouvernemental est que : ceux à qui il arrive, même occasionnellement, de s’enivrer, devraient être mis à l’écart de la société et marginalisés. Par exemple, les militants de la dénormalisation appellent à ce que les supermarchés aient une caisse séparée, pour les clients qui ont des boissons alcoolisées dans leurs provisions. Si le projet du gouvernement britannique d’interdire l’exposition du tabac dans les présentoirs des débitants vient à être mis en application, les fumeurs britanniques vont devoir demander à ce que leurs paquets de cigarettes soient sortis de leur cache honteuse, sous le comptoir. Le but de la dénormalisation est clair : doter le consommateur de cigarettes de la même expérience honteuse et socialement embarrassante, que l’acheteur de revues pornographiques d’hier. Un grand nombre d’adolescents sont, ce que les psychologues, appellent « réactifs », c’est-à-dire qu’ils perçoivent les tentatives de conditionner leurs opinions, ou de changer leur comportement, comme une menace à leur liberté. Plutôt que de prendre en considération ou de suivre les suggestions de la campagne de dénormalisation, ils réagissent contre cette suggestion en continuant ou accentuant ce comportement, dont on veut les dissuader. Confrontés à ce qu’ils perçoivent comme une menace pour leur liberté, ils s’efforcent de rétablir cette liberté.
Le deuxième problème avec la dénormalisation est ce que nous appelons le problème de légitimité, en d’autres termes, la question est de savoir si un gouvernement « démocratique » peut de manière justifiable s’engager dans une campagne qui stigmatise concrètement une entreprise légale, dans un but d’ingénierie sociale.

Quoi que l’on en dise, la dénormalisation n’est pas qu’une affaire de nourriture, de tabac, de boisson, ou d’industrie des jeux. Elle est dirigée, par exemple, vers les non-parieurs, les non-fumeurs dans le but de les convaincre que les parieurs et les fumeurs sont stupides, irrationnels, de vrais drogués et, ce qui est crucial, indifférents au bien-être des autres, en leur faisant courir des risques dus aux activités mafieuses ou au tabagisme passif. Le but de la dénormalisation va au-delà du fait que les gens maigres, les abstinents, les non-parieurs, ou les non-fumeurs considèrent les obèses, les parieurs, les buveurs ou les fumeurs comme des êtres aberrants. Son but va jusqu’à convaincre les obèses, buveurs, parieurs, et fumeurs de se voir eux-mêmes ainsi. Dans le même ordre d’idée, le gouvernement, dans le but de prévenir l’incidence du Sida, – un enjeu de santé public légitime – pourrait s’efforcer en conséquence de dénormaliser l’homosexualité, par le biais d’une campagne qui la présenterait comme aberrante et digne de dégoût.
Conclusion : Premièrement, les campagnes de dénormalisation représentent un échec pour trouver une solution à des problèmes sociaux tels que les « désordres » alimentaires, ou la passion du jeu. Deuxièmement, le fait que la campagne de dénormalisation a échoué dans le domaine de la consommation du tabac n’est apparemment pas pris en compte par les instances étatiques de santé, qui a avec confiance prescrit des campagnes de dénormalisation semblables pour l’industrie de l’alimentation, du jeu ou de l’alcool. Troisièmement, ces campagnes déshumanisent des catégories entières de gens, ce qui est indubitablement la conclusion la plus sinistre possible.

Par-dessus tout l’usage sans cesse accru de campagnes de dénormalisation est également gênant, car d’importantes sommes financières, l’argent du contribuable, sont dépensées afin de donner satisfaction au programme anti-obésité, anti-jeux, anti-alcool, et anti-tabac du nouveau Puritanisme. Mais ces campagnes de dénormalisation font naître un problème potentiellement encore plus grand, car elles représentent une atteinte nouvelle et dangereuse envers ce qui est au cœur des traditions démocratiques : la liberté et la responsabilité de choisir son mode de vie.
[1] Le Democracy Institute est une organisation indépendante de recherche en politiques publiques qui est basée à Londres et Washington. Le Democracy Institute vise à fournir une perspective équilibrée et réfléchie sur des sujets d’actualité, promouvant un débat ouvert et rationnel basé sur des preuves concrètes plus que sur l’idéologie. Un conseil composé de d’intellectuels et d’auteurs de renommée internationale, guide le travail du personnel de recherche de l’Institut.
En annexe :
- « Le tabagisme passif » fabriqué par Pfizer et GlaxoSmithKline en France.
- L'invention du « tabagisme passif » par les nazis en 1939.
- La fabrique à cancer : étude sur les retombées sanitaires du nucléaire.
- L’OMS et le nucléaire.
- L’OMS et le « tabagisme passif ».
- « L’expert » en santé publique Bertrand Dautzenberg.
- « L’expert » en santé publique Richard Doll.
- Enquête sur le Cancer.
samedi 16 janvier 2010
Autorité vs Liberté
Par Nos Libertés le samedi 16 janvier 2010, 19:23

Par Julien, pour le collectif "Nos Libertés", le 16 janvier 2010
François-René Rideau, ancien élève de Normale Sup, chercheur et animateur de l'excellent site “Le Libéralisme le vrai” a participé en 2002 à la conférence "Liberty 2002", organisée par la Libertarian Alliance et Libertarian International. Il en a par la suite rédigé un essai disponible gratuitement sur son site : L’État, règne de la magie noire. Nous reprenons des extraits de son texte qui donne un éclairage très riche pour la compréhension de la situation française de 2010, l'impasse de nos dictatures démocratiques européenne, basées sur l'acceptation servile de l'autorité de l'État et de ses nombreuses extensions (OMS, OMC, Codex Alimentarius, FMI, Banque Mondiale etc.).
Comme l'expliquait Bernard Charbonneau dès 1950, dans son livre "l'État" : « L'État est notre faiblesse, non notre gloire, voilà la seule vérité politique. Toute société où l'individu se dégage de la totalité primitive suppose un gouvernement, des lois et même une police, sans lesquels elle sombrerait dans un chaos plus écrasant que leurs contraintes. Mais l'organisation politique contient les germes du désordre auquel elle remédie. Au-delà d'un certain point, elle devient plus oppressive, que le trouble dont elle prétend libérer. Il est impossible de supprimer l'État, mais il est non moins nécessaire de le réduire au minimum. »
Extraits :
Existe-t-il des justifications rationnelles à l’existence de l’État ? Que pouvons-nous dire des explications existantes qui servent de justifications officielles ? Autrement dit : l’État est-il la solution aux problèmes qu’il prétend résoudre ?
La tentative la plus répandue de justification de l’État en des termes rationnels est la théorie des biens publics et ses variantes, qu’elle soit présentée d’un point de vue utilitariste (souvent accompagné de sa boîte à outils économétrique), ou d’un point de vue moral : certaines activités seraient d’une nature particulière ou revêtiraient une importance stratégique et devraient par conséquent être gérées par une agence centrale « dans l’intérêt général ». Sans analyser les détails, pour l’instant, il suffit de dire que toutes les autres justifications de l’État se résument d’une façon ou d’une autre à un cas plus ou moins particulier ou plus ou moins général de l’argument des Biens Publics. Le « bien public » considéré peut être une certaine forme de services en rapport avec la sécurité (police, justice, armée), les infrastructures (transport, télécommunications, éducation, santé), l'« harmonisation » dans différents domaines (information, éducation, langue, normes industrielles), la certification (identité, cadastre, vérification de la conformité aux normes), etc.
Malheureusement, certains libéraux concèdent aux étatistes quelques « biens publics », mais ils se trouvent alors sur une pente glissante, car il n’existe aucune raison particulière de limiter l’argument des biens publics à quelque service particulier que ce soit. En effet, en utilisant des arguments du type « biens publics », l’État peut prétendre justifier une intervention dans n’importe quel domaine — et une fois qu’il intervient, il s’assurera que ce domaine est tellement désorganisé que, grâce au même argument, il devra étendre son joug sur ledit domaine jusqu’à ce que ce dernier soit à la fois complètement sous son contrôle et complètement désorganisé, et que les domaines connexes souffrent à leur tour. Mais bien sûr, une telle intervention est fondée sur la prémisse implicite que l’intervention étatique a un effet positif, ce qui est précisément le point que les étatistes posent en pétition de principe; et ce qui est précisément le point qui mérite d’être contesté.

Pourquoi collectiviser ou pourquoi ne pas collectiviser par exemple, « le papier toilette »? N’y a-t-il pas un besoin plus spécifique de collectiviser « les rouleaux papier toilette doux et vert larges de 13cm, vendus sous une marque dont le nom se termine par un S »? Après tout, il se pourrait fort bien qu’une société détienne un dangereux monopole sur un tel produit ! Pourquoi ne serait-il pas plutôt nécessaire de collectiviser toutes les sortes de papier ? Et pourquoi collectiviser à l’échelle de la France ? Pourquoi ne pas collectiviser à une plus petite échelle, celle du 5e arrondissement de Paris, par exemple, ou celle du pâté de maisons d’à côté ? Ou à plus grande échelle, disons l’Eurasie du Nord, ou notre quadrant galactique ? Et pourquoi même collectiviser sur un plan géographique ? Pourquoi ne pas collectiviser pour les personnes dont le patronyme commence par un « R » ou pour les personnes portant des chaussettes noires ?
Quitte à choisir l’échelle de manière arbitraire, nous pourrions tout aussi bien arguer que les services considérés sont d’une nature ou d’une importance telles pour chaque « individu » qu’il ne devrait pas être soumis à la coercition et privé de sa capacité individuelle de choisir librement comment ces services devraient lui être fournis. Ou, si nous devons considérer le point de vue contraire, pourquoi s’arrêter ? Si la collectivisation du service considéré revêt une telle importance qu’il est d’une priorité absolue que tous obéissent aux mêmes ordres, et que cela justifie la coercition et la violence jusqu’à ce que tout le monde s’incline devant une même unique autorité, alors nous devrions arrêter toute autre activité, suspendre tous les droits de l’homme, et mener une guerre mondiale jusqu’à ce qu’un État mondial soit créé et que finalement, tous vivent sous la même règle. Et pourquoi même s’arrêter là ? Avant que de montrer le moindre respect envers les droits individuels, il est urgent d’envoyer des vaisseaux spatiaux conquérir l’univers afin d’obliger les extraterrestres à accepter les mêmes lois sociales que sur Terre.

Les collectivistes acceptent de manière implicite que leur argument n’est pas universel : leur affirmation suppose l’existence d’importants effets contraires qui deviennent prépondérants et limitent le champ d’application de leur argument. Quels sont ces effets contraires, quelle est leur pertinence, quelles sont leurs limites ? Ce n’est qu’en identifiant et étudiant ces effets contraires que l’applicabilité éventuelle de leur propre argument pourra être établie. En d’autres termes, leur affirmation contient sa propre contradiction, qu’ils refusent d’examiner par ignorance volontaire. Leur appel à la coercition étatique se fonde sur une vue à sens unique de l’État. C’est le cas de toutes les justifications invoquées par les étatistes.
La justification des « biens publics » par la Théorie des Externalités affirme que certaines activités impliquent de manière intrinsèque des externalités, et que l’État est une solution magique pour gérer ces externalités — alors qu’en fait son action est de concentrer ces externalités par la coercition; à partir de nombreuses petites externalités chacune gérable, il crée une externalité gigantesque et écrasante, celle de s’assurer que le gouvernement en place sera bon, externalité qui se révèle être totalement ingérable.
La justification des « biens publics » par la Théorie des Jeux considère également l’État comme un Dieu externe bienveillant et omniscient, qui aide les gens à choisir en moyenne le meilleur scénario parmi des interactions modelées d’après des « jeux » mathématiques simples. En réalité, l’État est constitué de personnes ayant un intérêt propre, de sorte que si nous devions employer correctement la théorie des jeux, nous devrions considérer les fonctionnaires gouvernementaux comme des joueurs intéressés parmi d’autres; l’unique caractéristique particulière de l’action politique est que les agents de l’État détiennent un pouvoir légal de coercition, qui se traduit en Théorie des Jeux par leur capacité à imposer à leur profit des jeux à somme négative de leur choix.

La justification des « biens publics » par la théorie de la Prévention des Catastrophes agite l’épouvantail d’une défaillance simultanée de tous les fournisseurs d’un service en soutien de l’intervention de l’État sur le marché dudit service. Or, la seule façon de laquelle la catastrophe d’une telle défaillance simultanée peut avoir lieu est qu’il y ait une gestion centralisée simultanée de tout l’approvisionnement en un tel service par un monopole de droit — ce qui est précisément ce que l’État introduit.

Les justifications des « biens publics » par les théories de « volonté collective », dans leur version démocratique de la « Volonté du Peuple », ou nationaliste de « l’Identité de la Nation », ou encore socialiste du « Bien de la Société », cherchent à faire croire que les individus doivent être contraints d’adhérer à une utopie particulière. On suppose que l’utopie est bonne en théorie, parce que de manière abstraite les gens y adhéreraient volontairement; mais en même temps, on admet qu’en pratique les gens n’y adhèrent pas volontairement, puisqu’il faut les contraindre à adhérer à l’utopie.

Le Sophisme Moral suppose que l’homme est trop mauvais (ou trop « quelque chose ») pour se gouverner lui-même quant à certains « bien publics » qui doivent par conséquent être confiés à l’État — mais l’État lui-même est fait d’hommes qui ne sont pas moins mauvais (ou moins « quelque chose ») que le reste de l’humanité. L’État n’est pas déterminé par quelque force extérieure supérieure, mais par des hommes parmi d’autres. En fait, son pouvoir de contrainte a une nature corruptrice qui rendra les personnes à la tête de l’État mauvaises plutôt que bonnes, en corrompant ceux qui l’emploient et en sélectionnant ceux qui le recherchent.
Le Sophisme Altruiste est cette erreur conceptuelle particulière souvent utilisée conjointement avec le Sophisme Moral, pour justifier le caractère nécessaire de l’État : il affirme que les gens sont naturellement égoïstes, et qu’il faut une force extérieure pour les forcer à agir malgré eux de façon altruiste, pour qu’ils puissent survivre. Ce sophisme suppose une fois de plus l’État comme mu par une force extérieure au public, les hommes de l’État et leurs séides étant plus altruistes et moins égoïstes que les citoyens. Mais il suppose aussi l’altruisme en opposition avec l’égoïsme — ce qui est faux. Et ce qui est si évidemment faux, que c’est par un appel à l’intérêt égoïste des gens que ces altruistes autoproclamés essaient de convaincre lesdites gens de les suivre dans leurs plans étatistes.

Le Sophisme de « l’Intérêt à Long Terme » combine le Sophisme Moral et le Sophisme de la Prévention des Catastrophes : il suppose que seul l’État peut prendre en compte les intérêts à long terme des personnes. Cependant, seules des personnes réellement assurées de la continuité de leurs droits de propriétés sur le long terme peuvent s’engager et s’engageront dans des investissements à long terme. Or les gouvernements ne sont jamais assurés de rester au pouvoir, à moins qu’ils n’usent d’oppression extrême, ce qui rend parfaitement évident leur absence de bienveillance tout en dépensant les ressources nécessaires à l’investissement à long terme.

Le Sophisme de l’Uniformité suppose que l’uniformité en certaines matières est un bien en soi, et que c’est un « bien public », de façon que des réglementations étatiques sur un territoire aussi large que possible sont le seul et meilleur moyen d’accomplir l’uniformité désirée en la matière. Cependant, l’uniformité n’est jamais un bien en soi; la coercition étatique n’est ni le seul ni le meilleur moyen de faire respecter des normes; de plus, les domaines que les normes réglementent au mieux sont rarement larges ni territoriaux; et ce qui est le plus important, un système coercitif empêche la découverte même de celles parmi les normes possibles qui valent d’être adoptées et respectées, parce qu’il détruit les points de comparaison, néglige la plupart des opinions, sauf celles des autorités et des groupes de pression qui la courtisent, et empêche tout ajustement dynamique aux évolutions et variations individuelles des circonstances.
C’est une chose de savoir que les arguments étatistes sont fondés sur des sophismes antilogiques, mais c’en est une plus ardue de comprendre pourquoi et comment ces sophismes apparaissent. Quels sont les mécanismes de pensée qui amènent à développer ces sortes de croyances et leurs justifications ? Comment se fait-il que tant de gens croient dur comme fer que l’État peut résoudre comme par magie n’importe lequel de tous les problèmes qu’ils redoutent ou auxquels ils se trouvent confrontés ?

Une manière courante de répondre à ces questions est d’analyser la popularité de ces opinions fausses à la lumière de l’intérêt personnel de ceux qui les véhiculent et qui les acceptent. Dans cette perspective, ces personnes prospéreront mieux qui auront véhiculé ou accepté des opinions, quand respectivement la popularité de ces opinions ou l’apparence de leur acceptation confèrent auxdites personnes un gain marginal ou une réduction des coûts. Cette méthode a été employée avec succès pour développer la théorie des choix publics, qui explique les mécanismes fondamentaux de la décision politique dans les démocraties. C’est un outil très important pour déceler et évaluer les forces qui sont à la source de l’oppression et la spoliation politique à travers le monde.
Ces forces sont telles qu’à chaque fois qu’il existe un potentiel pour une exploitation, quelqu’un viendra et utilisera ce potentiel à son profit. Et le potentiel en ce cas est le fait qu’une population soit prête à accepter d’être exploitée : à chaque fois qu’une population aura des croyances qui la feront accepter volontairement une exploitation, alors des entrepreneurs politiques se précipiteront pour transformer cette opportunité en exploitation effective. Notez que c’est une raison de plus pour laquelle les subventions étatiques ne sont jamais utiles et peuvent toujours être comptées presque entièrement comme consommation : parce que toute promesse d’exploitation potentielle suscite du lobbying pour récolter (et conserver) ces subventions, jusqu’à ce que le gain marginal (subventions moins coûts de lobbying) égale le retour sur investissement marginal dans les autres domaines. Les personnes se spécialisant dans « l’entreprise politique » découvriront ou créeront de nouvelles ressources vierges qu’ils exploiteront, tout en préservant et intensifiant l’exploitation existante.

La conclusion de cette analyse est que la bataille pour la liberté n’est pas une bataille entre personnes, mais une bataille entre idées. Tant que les idées qui favorisent l’exploitation seront largement acceptées, le véritable potentiel d’oppression restera tout aussi fort, et combattre les oppresseurs actuels et abolir les formes d’oppression présentes ne conduira qu’à l’apparition d’oppresseurs différents qui prendront le contrôle et institueront de nouvelles formes d’oppression. C’est la servitude volontaire, comme la Boétie l’appelait, l’acceptation du pouvoir, qui doit être combattue.

Un premier point commun évident dans toutes ces justifications de l’État : elles supposent toutes que l’État fournit d’une façon ou d’une autre des biens gratuitement, sans aucune contrepartie coûteuse. L’existence d’un tel motif récurrent chez les étatistes n’est pas une nouveauté. Ce qui est toutefois remarquable est que toutes les justifications étatistes incluent ce motif, même si c’est parfois d’une manière peu évidente. Le motif est très visible dans les cas triviaux, où les biens, censés être gratuits, sont les subventions qui ne sont pas mises en rapport avec les taxes correspondantes. Dans les cas plus subtils, le motif est d’autant mieux camouflé que la situation est plus complexe, mais il est toujours présent. Par exemple, l’État est censé apporter gratuitement la coordination entre les actes des personnes en vue du bien commun. Au final, ce que l’État est censé apporter est une sorte de garantie que le mal ne se produira pas, un sentiment très particulier de sécurité. Mais dans tous les cas, on suppose que l’État fait surgir quelque chose de nulle part : l’unique condition qui semble requise pour que l’État nous accorde ses bénédictions est que nous les exigions en le pétitionnant avec une foi suffisante.

Un second motif récurrent qui peut être trouvé accompagner le premier est la perception de l’État comme une entité extérieure, quelque chose se trouvant en dehors de la société et au-dessus d’elle. Et cette nature divine est précisément ce qui lui permet de créer et de distribuer des biens, des services, de la confiance ou quoi que ce soit d’autre, sans qu’il n’en coûte rien. Cette nature divine est clairement révélée par le respect craintif des gens face au pouvoir visible de l’État : « comment de simples individus pourraient-ils accomplir ceci ? » demandent-ils donc, quand on leur suggère que le monopole public sur telle ou telle autre activité devrait être aboli. Or, qu’il s’agisse de monopole public ou d’absence de monopole public, ce sont toujours de « simples » individus qui accomplissent toutes choses ! Bien évidemment qu’il en est ainsi, et il ne peut pas en être autrement. Les politiciens et hauts fonctionnaires ne sont pas plus que les autres individus; en fait, l’expérience aussi bien que la théorie montre qu’ils sont d’habitude moins que les autres individus — parce qu’ils sont irresponsables. L’État ne saupoudre pas ses maîtres et servants avec de la poudre féerique et ne leur confère aucun pouvoir magique. En fait, l’État leur confère effectivement un pouvoir spécial dont nous autres individus normaux ne disposons pas — et ce pouvoir est en effet ce qui caractérise l’État : c’est le pouvoir d’user légalement de la coercition à l’encontre de ceux qui refusent d’obéir. Ce Dieu que les étatistes adorent n’est autre que la Force Brute.

Comme nous progressons vers le sombre secret de l’étatisme, nous trouvons un troisième motif récurrent commun à toutes les justifications de l’État : toutes introduisent un faux compromis entre la liberté et un bien quelconque, où l’État est censé être l’entité divine avec laquelle on commerce pour acheter ledit bien au prix de notre liberté. Divine, car il ne fait aucun doute pour personne, y compris les étatistes, qu’aucune force humaine ne pourrait proposer une telle transaction. Mais les étatistes soit, sont ignorants du comportement humain, soit classifient l’État comme en dehors de l’humanité — pour eux, l’État est un Dieu (d’où la lettre capitale), une entité collectiviste supérieure avec laquelle commercer. La façon dont ils esquivent la question cruciale : « Qui garantira le garant ? » est de la repousser derrière un voile d’ignorance et de foi aveugle. Encore une fois, une force surnaturelle est censée faire apparaître de la confiance de nulle part, gratuitement. Les mantras magiques, les textes sacrés au pouvoir magique, tels que les constitutions, les rituels complexes et l’appareil formel de l’État et de son administration, tout cela contribue à tromper le peuple pour qu’il attribue à l’État une Aura divine.

Il ressort de notre étude que toutes les justifications de l’État se résument en fin de compte à cela : l’adoration religieuse de l’État comme une autorité surnaturelle toute puissante. L’État est l’idole d’un culte païen qui s’ignore. La croyance en un tel non-sens serait considérée comme une maladie mentale s’il ne s’agissait pas d’une croyance aussi répandue. Et nous pouvons espérer que dans un futur, pas trop éloigné, elle sera effectivement considérée comme une pandémie mentale, une maladie infantile ayant infecté le monde à une époque où l’humanité était encore très jeune. Néanmoins, pour le moment, c’est à nous qu’il incombe de concevoir un remède, et pour être capable de le faire, nous devons tout d’abord comprendre cette maladie, ses moyens de survie, ses modes de propagation. Nous devons examiner consciencieusement les mécanismes psychologiques sous-jacents à un tel système de croyance, identifier les failles par lesquelles cette croyance parasite pénètre l’esprit des gens.

Les gouvernements s’arrogent une autorité usurpée. Aussi, dans la mesure où la structure des sentiments humains constitue un héritage génétique commun, toute tendance forte et cohérente des gens de croire en l’État trouve son explication dans l’usurpation d’un certain sentiment naturel de soumission à l’autorité. Les sources naturelles de l’autorité ne sont pas très nombreuses : les parents ont une certaine autorité sur leurs enfants dans la mesure où ils subviennent à leurs besoins; les amis donnent des avis dont la prise en compte peut jouer sur la préservation de leur alliance; des chefs mènent leur peuple dans des courtes situations d’urgence (guerre, incendie, catastrophe naturelle, etc.); les aînés ou les personnes ayant réalisé de grands exploits disposent d’une autorité sur le commun des mortels à mesure que leur sagesse est reconnue. À l’échelle de l’évolution, la structure innée de l’esprit humain n’a sans doute pas pu intégrer des motifs bien plus complexes que cela.
La première sorte d’autorité naturelle dans la vie de l’homme est celle des parents. Les sophismes utilisés pour justifier l’État sont effectivement des sophismes parentaux. Ils s’appuient sur les mécanismes mentaux primitifs par lesquels les nourrissons établissent une relation avec leurs parents. Pour un jeune enfant, les parents apparaissent comme des entités supérieures qui offrent des biens gratuitement, si seulement on gémit et l’on pleure, sans avoir à penser aux tenants et aboutissant menant à la production des biens ainsi accordés. Les parents sont vus comme bienveillants, entretenant avec leurs enfants une relation d’amour mutuel; les enfants en bas âge ont une confiance absolue dans leurs parents. Enfin, il est presque universellement accepté que les parents ont une autorité de décider pour leurs enfants, qui peut aller jusqu’à la punition en certains cas, bien que les limites précises de l’autorité parentale soient discutables.

Il ne fait aucun doute que les États feignent d’assumer le rôle de parents. Dans les autocraties, tout au long de l’Histoire, le tyran s’est toujours présenté personnellement comme le Père de la Nation, Big Brother, ou quelque chose dans le genre. Dans les pays où le pouvoir est plus dilué, aucun homme d’État n’oserait se targuer d’un titre aussi pompeux, bien qu’il ne soit pas rare que des politiciens puissants ou longtemps demeurés au pouvoir soient gratifiés par des journalistes de surnoms à la fois flatteurs et moqueurs de la même veine. Mais même dans ces pays, l’État dans son ensemble ne se réclame pas moins du rôle et des pouvoirs qui incombent aux parents. La mythologie de l’État comme parent, ou de la Nation incarnant un parent dont l’État est le porte-parole reste très présente dans le discours public sur l’État. Est révélatrice de cela la facilité avec laquelle sont produits et acceptés des symboles aussi communs que l’Oncle Sam, ou la personnification maternelle de diverses nations. De même qu’il n’est pas rare, lors de discussions avec des étatistes, que ceux-ci fassent explicitement référence à l’idée que l’État remplit le rôle du parent pour les citoyens, qui sont maintenus dans celui d’enfants irresponsables.

Toutefois, la maladie étatique ne substitue pas simplement l’État aux parents : elle essaye de conférer de l’autorité à l’État à partir de toutes les sources disponibles. La Démocratie, la Nation, ou le « Contrat Social », sont autant d’astuces qui permettent à l’État d’usurper l’autorité d’une alliance volontaire entre amis, bien qu’il manque précisément à une telle alliance les fondements nécessaires à sa validité, à savoir son caractère volontaire. Autrement dit, la liberté d’entrer dans cette alliance ou de préférer ne pas y entrer, et même celle d’en sortir. Les États usurpent aussi le rôle du chef en temps de crise. Ils s’attellent dans un premier temps à exclure toute concurrence à cet égard; puis ils renforcent leur puissance en créant un climat permanent de crise. Les échecs d’un État deviennent ainsi des instruments clefs de sa propre conservation, en prolongeant et étendant la crise que l’État est censé résoudre. Enfin, les États subventionnent grassement ceux parmi les prétendus « scientifiques », « artistes » et « experts » qui soutiennent leur autorité, se réclamant ainsi de l’approbation de la sagesse humaine pour leurs édits.

Même si tous ces rôles étaient légitimement assumés, ils ne doteraient les gouvernements d’aucun des pouvoirs politiques que ces derniers revendiquent : asservir à temps partiel les citoyens et les non-citoyens, dépouiller et emprisonner ceux qui ne coopèrent pas, tuer et torturer ceux qui résistent — et plus important encore, faire des lois. Le pouvoir de légiférer est le pouvoir divin de définir et redéfinir de manière unilatérale les règles qui lient les États aux personnes vivant sous leur joug, et qui définissent les rapports de ces personnes entre elles. Parents, amis, sages hommes, et même chefs, ne disposent d’aucune de ces prérogatives sur ceux qui acceptent volontairement leur autorité, sans parler des autres. Avec toutes leurs tromperies et leur fraude émotive, les États n’essayent rien moins que d’usurper le rôle de Dieu, l’autorité suprême.

Afin d’accomplir son imposture émotionnelle et intellectuelle, le pouvoir étatique ne se contente pas de détourner les émotions existantes de leurs cibles légitimes : il va surtout dénaturer gravement la manière dont les personnes infectées perçoivent le monde. Il doit contourner le système de défense naturel de l’esprit humain, son système immunitaire : la raison, ce filtre à conneries. Et il doit prendre des mesures constamment renouvelées pour maintenir ce système de défense dans un état où il sera inefficace à son égard. Pourtant, dans le même temps, il ne peut pas détruire purement et simplement toute l’intelligence humaine, car alors, les humains infectés ne survivraient pas assez longtemps pour propager le même système. Le parasite gagnant doit détruire l’entendement de manière sélective. Il doit conditionner l’application de son contenu fallacieux de sorte qu’il n’empêche pas les qualités de survie innées. Il doit laisser suffisamment d’esprit vivant et en bonne santé afin de nourrir et transmettre la maladie.

Ce contournement et cette destruction sélective du système immunitaire constituent l’essence de la maladie étatiste, comme de toutes les maladies. C’est le point fondamental qui résume cette maladie, c’est la source qui permet toutes les erreurs. C’est la faille par laquelle la maladie peut envahir notre système de compréhension de la société et de l’univers. C’est la cause qui mène fatalement à des conséquences terribles. C’est la pierre angulaire de toutes les impostures intellectuelles et émotives; c’est la clef qui justifie tout comportement criminel massif. Ce n’est qu’en identifiant cette faille que nous pouvons établir de nouvelles défenses et trouver un remède. Par conséquent, nous devons étudier plus profondément les mécanismes par lesquels cette maladie mentale altère notre système immunitaire; nous devons analyser complètement le Mal originel dans ce mème étatiste qui infecte les esprits humains. Et pour commencer, nous devons donner son nom à ce Mal : la Magie Noire.
Comme toutes les maladies, la Magie Noire peut être caractérisée par ses symptômes. Nous trouvons un bon résumé, précis et concis de ces symptômes dans une entrée du Dictionnaire du Diable d’Ambrose Bierce :
"Prier, v. : Demander que les lois de l’univers soient annulées en faveur d’un unique pétitionnaire qui confesse en être indigne." La meilleure façon de mettre en évidence la Magie Noire est de la contraster avec l’attitude opposée de la Magie Blanche, qui est adoptée par les esprits sains.

Tout un chacun cherche le bonheur, le succès ou la rédemption; mais nous pouvons distinguer deux chemins radicalement opposés à suivre dans cette recherche. Un servant de la Magie Noire mendie des dons, il s’humilie, se soumet à des forces supérieures. Un pratiquant de la Magie Blanche mérite des récompenses, il développe la fierté de soi et la maîtrise de la nature (dans un sens non-hiérarchique). Un servant de la Magie Noire tente d’obtenir des faveurs de forces supérieures en faisant des sacrifices, en détruisant des objets et des personnes, en affichant bruyamment ses intentions amicales, voire en s’humiliant dans des actes de soumission abjecte. Un pratiquant de la Magie Blanche tente d’extraire des satisfactions des personnes et des choses terrestres (dans une relation non-hiérarchique), en s’améliorant lui-même et en améliorant sa propriété, en créant des biens et des services, en faisant un travail effectif, en développant fièrement ses propres compétences. Les servants de la Magie Noire sont ignorants de la nature et de la façon dont elle fonctionne, et se rebellent contre elle quand elle ne satisfait pas leurs désirs. Les pratiquants de la Magie Blanche tentent de comprendre la nature et ses mécanismes, ils l’acceptent comme elle est, et utilisent leur connaissance de la nature pour obtenir des satisfactions. Pour un servant de la Magie Noire, les Dieux sont des êtres surnaturels au-dessus de nous; leur nature est Sacrée et ne souffre aucune mise en doute. Pour les pratiquants de la Magie Blanche, en tant que les choses peuvent être expliquées en terme de Dieux, les Dieux ne sont pas autre chose que des aspects de la Nature elle-même. Pour les servants de la Magie Noire, le but ultime est l’accomplissement des désirs les plus débridés, l’impossibilité en étant vaincue dans un paradis surréel qui sera accordé aux adorateurs dans un futur lointain ou après la mort. Pour les pratiquants de la Magie Blanche, le but ultime est d’obtenir des satisfactions appréciées avant la mort, avec la sagesse de réévaluer ses propres désirs pour qu’ils entrent dans le domaine du possible.

Voilà ce que j’appelle la Magie Noire : la croyance et la pratique de la recherche de bonnes choses comme autant de miracles accordés par un certain type de Dieux jaloux et vénaux. Des Dieux qui exigent que vous vous humiliiez devant eux; des Dieux qui récompensent les sacrifices qui prouvent votre servilité; des Dieux qui jouissent de l’abjection de leurs croyants et de l’assujettissement des incroyants; des Dieux qui se complaisent de la destruction ou de la dégradation de soi-même et des autres; des Dieux aux pouvoirs illimités et aux désirs arbitraires, qui ne sont tenus par aucune loi connaissable par la raison, mais sont censés être influencés par l’affichage d’une obéissance servile de la part de leurs adorateurs. Bien sûr, des dieux abjects qui peuvent être achetés par une telle attitude ne méritent absolument pas d’être adorés. Ils sont des monstruosités contre lesquelles tout humain qui se respecte ne peut que se révolter. Ceux qui se prosternent aux pieds de tels dieux sont des esclaves, des pourceaux; ce sont des créatures indignes de leur libre arbitre, et qui d’ailleurs s’empressent de l’abandonner.

À l’opposé, la Magie Blanche est un ensemble de croyances complètement différent, qui implique un type complètement différent de Dieux incorruptibles mais bienveillants : des Dieux qui demandent qu’une personne s’améliore elle-même; des Dieux qui récompensent la création qui prouve la maîtrise d’une personne par les fruits mêmes de la création; des Dieux qui font leurs délices de l’estime de soi des croyants, et de l’élévation des non-croyants au rang de partenaires; des Dieux qui se réjouissent de l’autonomie et de la fierté des pratiquants; des Dieux aux pouvoirs limités, dont le comportement est circonscrit par les lois connaissables de la nature, qui ne sont émus que par l’ingénierie adaptée de leurs fiers contemplateurs. Ces Dieux n’ont pas à être adorés, mais compris. Ils sont des faits de la nature que les humains doivent apprendre à connaître et à accepter. Ceux qui maîtrisent ces Dieux deviennent de meilleurs humains; ce sont des êtres moraux exerçant leur moralité en faisant des choix, et qui recherchent effectivement la liberté et sa face duale, la responsabilité, comme la mère de toutes les vertus.

Séparer le blanc du noir n’est pas facile. Effectivement, ces deux aspects sont simultanément présents dans les cultures et religions traditionnelles; des mots identiques auront plusieurs sens de couleur radicalement différentes; et la plupart des gens confondront ces sens dans un concept vague et mou qui les empêchera de distinguer l’opposition entre ces sens. Ainsi, des personnes confuses ou trompeuses feront souvent appel à des motifs récurrents de pensée qui sauteront d’un sens à l’autre sans que la plupart des auditeurs ne s’aperçoivent de l’erreur ou de l’imposture. Et cette confusion permanente n’est pas un simple jeu de malchance : la Magie Noire développe systématiquement des apparences trompeuses : elle se fera passer pour de la magie blanche pour revendiquer les créations de cette dernière, et pour usurper ainsi pouvoir et légitimité. Les magiciens noirs, ces grands destructeurs qui dominent la société, se grimeront de blanc, et prétendront être les grands créateurs, tandis qu’ils habilleront en noir les magiciens blancs asservis qui sont les véritables créateurs.

Ainsi, ceux qui croient ce qu’ils ont appris à l’école et dans les médias de masse auront une idée inversée de ce que sont la magie blanche et la magie noire, de qui sont les exploités et les exploiteurs, de ce que sont les principes de création et de destruction. Les personnes les plus crédules inverseront effectivement le noir et le blanc sur un grand nombre de sujets, partout où la propagande officielle est efficace. Les personnes moins crédules seront troublées au point de voir du gris partout. Bien sûr, les personnes n’ont généralement aucun mal à distinguer ce qui est constructif et ce qui est destructif en ce qui les concerne directement, de façon que la propagande de la magie noire peut rarement tromper les gens concernant leur intérêt personnel immédiat. Mais elle peut les tromper concernant leur intérêt personnel à long terme, et concernant l’intérêt personnel de personnes qu’elles ne connaissent pas bien. Elle inverse la vision morale à longue portée des personnes crédules, et induit une myopie morale sur les personnes moins crédules. Cette inversion occasionne de nombreuses confusions. Elle crée pour chaque croyant une zone intermédiaire où tout est flou ou auto-contradictoire, entre leur entendement correct à courte portée et leur entendement inversé à longue portée; cela à son tour induit un sentiment d’absurdité quant à la vie. En fin de compte, ce phénomène mène à une forme de schizophrénie parmi ceux qui acceptent des théories aussi éloignées de la pratique quotidienne, à une autodestruction de ceux qui refusent d’adopter des pratiques opposées à leurs théories; et à une atrophie des esprits de ceux qui cherchent à éviter un conflit mental en rejetant indifféremment toute théorie.

Pour comprendre le monde, nous devons donc apprendre à démêler l’arbre de la magie blanche des lianes parasites de la magie noire qui l’enserrent. Pour pouvoir estimer les effets des différentes attitudes et actions, nous devons étudier les influences respectives de la Magie Noire et de la Magie Blanche sur le comportement humain. La Magie Noire gagne toujours dans l’apparence; vous la verrez toujours dominer les institutions établies, glorifiée par des rites formels et des spectacles bouleversants. Mais c’est la magie blanche qui fait vraiment tourner le monde, même s’il faut du discernement pour s’en apercevoir. Les magiciens noirs sont experts en vœux pieux, imprécations oisives, et tromperie d’eux-mêmes et des autres; mais seul le travail assidu des magiciens blancs fait effectivement progresser le monde. Toute la création découle des principes de la Magie Blanche. La Magie Blanche sert de fondement à la civilisation même. Et la Magie Noire elle-même ne peut survivre que comme parasite de la Magie Blanche, car s’il n’y a pas de création, il ne restera bientôt plus rien à détruire.

Murray Rothbard, dans la conclusion de son livre "Power and Market", a dressé un petit tableau comparatif entre les conséquences de ce qu’il a appelé « le principe du marché » (The Market Principle) et « le principe hégémonique » (The Hegemonic Principle). Nous pourrions très bien étendre ce tableau pour résumer l’opposition entre ces principes plus larges que sont la Magie Blanche et la Magie Noire. En fait, en considérant ce tableau, nous pourrions également appeler ces principes respectivement le principe libertaire et le principe autoritaire, ou encore le principe libéral et le principe étatiste, le principe de liberté et le principe de contrainte, le principe marchand et le principe guerrier, le principe économique et le principe politique, le principe volontariste et le principe coercitif, etc.
| Quelques conséquences de ces deux principes opposés | |
|---|---|
| Le principe du marché | Le principe hégémonique |
| liberté individuelle | coercition |
| bénéfice mutuel général (utilité sociale maximisée) | exploitation — bénéfice d’un groupe aux dépens d’un autre |
| harmonie mutuelle | conflit de caste: guerre de tous contre tous |
| paix | guerre |
| pouvoir de l’homme sur la nature | pouvoir de l’homme sur l’homme |
| satisfaction la plus efficace des désirs des consommateurs | satisfaction des désirs des dirigeants au détriment de ceux des citoyens |
| calcul économique | chaos calculationnel |
| incitations à la production et à l’avancement des standards de vie | destruction des incitations: consommation du capital et régression dans les standards de vie |
| La magie blanche | La magie noire |
| Praxéologie — pensée rationnelle sur les choix dynamiques | Pensée magique — pensée votive sur des paramètres statiques |
| Science comme processus de libre questionnement | Superstition sous l’autorité des dogmes officiels |
| Règles universelles simples | Affirmations ad hoc complexes |
| Démonstrations logiques | Paradoxes |
| Cohérence interne — la raison comme filtre incontournable des croyances | Double pensée — suspendre la raison pour préserver les croyances |
| Comprendre la nature | Élever un culte à l’ignorance |
| Accepter les faits | Se révolter contre la nature |
| Réaliser des potentiels effectifs | Poursuivre des fantaisies irréelles |
| L’économie comme un point de vue sur l’action humaine | L’économie comme traitant de paiement monétaires, en vue de taxation par l’État |
| Ceux qui peuvent effectivement faire des prédictions utiles récoltent leur récompense sur le marché | Ceux qui font des statistiques inutiles sont payés par l’État pour justifier sa spoliation |
| Gagner sa vie, par son travail productif | Devoir sa vie au bon vouloir d’autrui |
| Production: exploitation mutuelle pour bénéfice mutuel | Prédation: exploitation unilatérale au bénéfice de l’un et pour la perte de l’autre |
| Intérêts harmoniques, jeux gagnant-gagnant à somme positive | Intérêts antagoniques, jeux gagnant-perdant à somme négative |
| Convaincre par la persuasion | Contraindre par la force |
| Création | Destruction |
| Vie | Mort |
| Discipline interne d’autonomie personnelle et d’exercices | Rituels externes de mendicité plaintive et démunie |
| Arguments rationnels | Arguments émotionnels |
| Causalité | Corrélation |
| Cybernétique | Statistique |
| Droit de dissidence | Obligation d’obéissance |
| Consentement | Compulsion |
| Liberté, Mère de l’Ordre | Ordre, Prétexte pour l’Oppression |
| Ordre émergent | Chaos imposé |
| Moralité fondée sur les bonnes actions, non pertinence des intentions derrière les actions | Moralité fondée sur les bonnes intentions, non pertinence des résultats des actions |
| Justice fondée sur le respect et la restauration des droits de propriété de chaque individu | Justice fondée sur la coercition des individus pour qu’ils entrent dans le moule de l’utopie collective |
| Choix dynamiques | Vœux statiques |
George Orwell, dans son fameux roman 1984, décrit comment les régimes totalitaires tentent de limiter la façon dont les gens peuvent penser, s’exprimer et échanger des idées potentiellement subversives pour le pouvoir en place, en remodelant le langage pour en faire ce qu’il appelle le « novlang » : le vocabulaire est réduit ; les termes sont redéfinis pour ne vouloir dire que ce que le parti veut bien ; et pour avoir les connotations en accord avec la ligne de l’idéologie du parti ; les mots et sens subversifs sont éliminés, etc. Quand les ennemis de la liberté ne disposent pas d’un pouvoir totalitaire, ils ne peuvent pas manipuler le langage à volonté ; toutefois, ils peuvent toujours répandre leurs connotations dans les mots, ajouter juste assez de sens secondaires à des mots existants pour les rendre inutiles (ou tout du moins bien moins utiles) pour exprimer des idées opposées aux leurs, ou quelque idée précise que ce soit. En effet, Friedrich Hayek a bien observé comme l’adjectif « social », employé comme suffixe de termes comme « justice », « contrat », « responsabilité », etc., leur faisait dire le contraire diamétral de ce pour quoi les libéraux auraient employé ces mots. Des philosophes comme Henry Hazlitt ou Ayn Rand ont aussi observé comment les mots « égoïsme » et « altruisme » étaient utilisés par les ennemis de la liberté avec des sens grossièrement incohérents, et promus comme incompatibles et opposés l’un à l’autre, l’égoïsme étant présenté comme mal et l’altruisme comme bien, justifiant ainsi le sacrifice de l’individu à la collectivité, incarnée dans son État.

Nous pouvons relever un cas où les magiciens noirs ont fortement biaisé un mot dans notre tableau comparatif précédent : le mot « exploitation ». L’exploitation signifie la réalisation d’un potentiel d’utilité; extraire un bien de quelque chose ou de quelqu’un. Ainsi, l’exploitation mutuelle est quelque chose de profondément bien, qui permet à chacun de s’en sortir mieux, avec comme résultat net la création de richesse pour tous — l’exploitation mutuelle est la source de tout ce qu’il y a de bien dans la société. Mais les magiciens noirs ont chargé le mot « exploitation » pour vouloir dire spécifiquement une exploitation unilatérale de l’un au bénéfice de l’autre, avec pour résultat net la destruction de richesses. Encore une fois, ils veulent que chacun admette implicitement que la société est fondée non pas sur des relations de production, mais sur des relations de prédation. Les magiciens noirs pensent en termes de prédation; ils reprochent alors à l’exploitation d’être un mal quand d’autres qu’eux s’y livrent, et prétendent que c’est un bien quand eux s’y livrent (quoiqu’ils ne prononceront pas le mot maudit d'« exploitation » dans ce cas). En fait, puisqu’une société fondée exclusivement sur la prédation est impossible, en fin de compte, la Magie Noire sera fondée sur une imposture par laquelle la plupart des servants de la Magie Noire seront eux-mêmes des producteurs asservis, victimes de la prédation, mais complètement trompés au sujet de ce que sont la production et la prédation. La croyance en la Magie Noire est donc un parasite infestant des gens qui vivent vraiment grâce aux règles créatrices de la Magie Blanche; elle permet à quelques véritables magiciens noirs de vivre aux dépens de ces gens; mais elle peut même survivre sans bénéficier vraiment à quiconque.

Parfois, la Magie Blanche gagne la bataille du vocabulaire. Mon témoin préféré en est le mot « to earn », — un mot typiquement anglais et américain, qui n’a pas d’équivalent véritable en français. Il implique une relation dynamique entre un résultat et les moyens de l’obtenir : à travers un dur labeur, vous obtenez une chose de valeur que vous méritez. Toute une morale de création, de productivité, d’honnêteté, de propriété individuelle, de responsabilité personnelle, et de liberté se trouve derrière ce mot. Les magiciens blancs ont de l’estime pour le « dur labeur », non pas en rapport avec l’intensité des efforts, mais en rapport avec l’intensité des résultats.
La Magie Noire, Principe d’Autorité, est un mème qui déforme profondément la façon dont ses victimes voient le monde, par opposition à la vue correcte qu’offre la Magie Blanche, Principe de Liberté.
La première question de l’éthique est : y a-t-il en ce monde quoique ce soit de supérieur, de sacré, de bien ou quel qu’en soit le nom ? La seconde question de l’éthique est : comment pouvons-nous identifier cette supériorité, ce sacré, ce bien, cette qualité dont le nom importe peu, avec assez de précision pour la distinguer de ce qui est inférieur, blasphématoire, mauvais ? Et la troisième question de l’éthique est : une fois identifié ces buts valables, comment pouvons-nous au mieux les promouvoir ?
La première question de l’éthique trouve facilement sa réponse : le fait même de poser la question, de respirer de l’air, suppose que la vie vaut pour celui qui le fait; nous savons que certaines choses valent mieux que d’autres, nous le ressentons, et c’est bien pourquoi nous agissons. Voilà qui exorcise le nihilisme moral.
Avec la seconde et la troisième question, la Magie Noire et la Magie Blanche impliquent des approches opposées, des épistémologies opposées. Les magiciens noirs ont une vision statique du monde; ils voient l’information s’écoulant à sens unique, de l’Autorité vers vous, et de vous vers ceux qui sont plus éloignés encore de l’autorité. Les magiciens blancs par contre ont une vision dynamique du monde. L’information n’est pas totalement connaissable à l’avance, et la façon dont nous interagissons avec le monde est déterminante non seulement pour la façon de faire progresser le bien mais aussi pour la découverte même de ce en quoi consiste ce bien.
D’où des structures très différentes de l’organisation sociale : la structure type d’après laquelle les magiciens noirs modélisent les interactions sociales est la hiérarchie. La structure type d’après laquelle les magiciens blancs modélisent les interactions sociales est l’entreprise.
Avec la Magie Noire, chaque homme est une « fin en soi », distincte de chaque autre homme et opposée à toutes les autres. La lutte interne est la condition naturelle mutuelle des hommes, et seul un ordre imposé de l’extérieur peut les faire coopérer; et cette coopération même ne peut avoir lieu que pour une seule fin commune possible : combattre des ennemis extérieurs communs, que ce soient des ennemis effectifs (animaux sauvages qui peuvent être prédateurs ou proies, étrangers qui peuvent soit « nous » envahir et « nous » asservir soit être envahis et asservis par « nous »), ou des ennemis symboliques, qui peuvent être des envahisseurs comme le chômage, la pauvreté, la maladie, le virus. Cet ordre imposé de l’extérieur prend la forme d’une structure de commandement au-dessus des hommes; cette structure de commandement est maintenue en place par des hommes qui doivent eux-mêmes être coordonnés par un commandement au-dessus d’eux, et ainsi de suite, dans une hiérarchie, jusqu’à ce qu’un seul homme détienne le commandement ultime, et obtienne son Autorité directement du principe d’autorité officiel ultime de la Magie Noire : le Droit de Conquête, la Classe Dirigeante, la Race Supérieure, l’Ordre Naturel des Choses, Dieu, la Religion, le Peuple, la Nation, la République Une et Indivisible, la Démocratie, etc.

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